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Vote de confiance : Hollande ne fait pas pacte de bravoure

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Le Parlement ne se prononcera pas comme prévu sur le seul pacte de responsabilité. Qui sera dilué dans le discours de politique général de mardi.

Au Conseil des ministres vendredi, François Hollande a déclaré que le pacte sera présenté "lors de la déclaration de politique générale". (Photo Marc Chaumeil)
Publié le 04/04/2014 à 19h36, mis à jour le 07/04/2014 à 9h58

Devant la hauteur de l'obstacle, François Hollande a donc préféré… faire un pas de côté. Le chef de l'Etat avait annoncé, à plusieurs reprises, qu'il engagerait la confiance du gouvernement sur son «pacte de responsabilité», ces fameux 30 milliards d'euros de baisse des charges des entreprises. Or, avec une majorité réduite à sa plus simple expression (à deux voix) depuis la prise de distance des Verts, Hollande ne pouvait pas prendre le risque de se voir retoquer la pièce maîtresse de la deuxième partie de son quinquennat. Les députés devront donc se contenter de voter, mardi, sur le discours de politique générale de Manuel Valls. Certes, le pacte y sera largement évoqué mais seulement comme une partie d'un «tout». Et pour faire passer son arrière-goût amer, Valls va donc s'employer à vendre à la majorité deux ou trois caisses de gariguettes d'avant-saison : une loi de transition énergétique pas trop famélique, une baisse d'impôts pour les classes moyennes d'ici à 2017, et une baisse de cotisation salariale pour les plus bas salaires… et pourquoi pas la confirmation de la réforme pénale. De quoi, normalement, dissuader les députés les plus frondeurs d'appuyer sur le bouton nucléaire. Habile. Un député PS décrypte : «L'Elysée a pris peur depuis qu'Henri Emmanuelli a annoncé la couleur : confiance oui, pacte non. Surtout que les écolos disent peu ou prou la même chose. L'exécutif a bien compris le message qui monte du marais. Il n'y a plus aucun vote automatique.

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