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Hénin-Beaumont, à la sueur de son Front

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Il aura fallu moins de vingt ans à Steeve Briois, conseiller municipal d’opposition et «petit-fils de mineur», pour devenir maire FN. Récit de sa stratégie en cinq points.

Publié le 06/04/2014 à 18h06, mis à jour le 09/04/2014 à 11h07

La salle du conseil municipal d’Hénin-Beaumont sent encore l’encaustique, le parquet en chêne grince toujours, et le décor de village peint au bout de la pièce n’a pas bougé.

Mais tout a changé. Avant, Steeve Briois était assis près de la porte, l'éternel conseiller d'opposition, pinailleur, souriant, ricaneur ou agressif. Depuis le 30 mars, il est le maire Front national. Pendant qu'une partie de la France votait pour le second tour et que les CRS empêchaient des militants de gauche d'entrer dans l'hôtel de ville, le secrétaire général du FN se faisait remettre l'écharpe tricolore. Ses fans ont hurlé «Bri-ois» «Bri-ois», Marine Le Pen leur a mimé quelques «chut», et pris des photos avec son smartphone comme une groupie. L'opiniâtre Steeve Briois, qui se présente comme un «enfant du pays», «petit-fils de mineur», conseiller FN depuis presque vingt ans, a vu passer quatre maires, socialistes ou divers gauche, dont un emprisonné en plein mandat puis un autre empêché par un AVC.

A 41 ans, le fils d’un ouvrier de Seclin (Nord) et d’une comptable au comité d’entreprise des Houillères du bassin minier du Nord-Pas-de-Calais, détenteur d’un BTS de commerce, a ravi la mairie d’Hénin-Beaumont (27 000 habitants) à la sixième tentative. Récit d’une stratégie en cinq points.

Occuper le terrain

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