«Le gouvernement s’est révolté parce que des gens font venir des salariés d’ailleurs à 330 euros par mois, ce ne sera plus possible aujourd’hui.- Mensonges, vous n’avez rien fait ! Mensonges.»
Marylise Lebranchu et Florian Philippot lundi 31 mars sur France 2
INTOX. C'est un dialogue qu'on entendra en boucle lors de la campagne européenne qui s'annonce : le PS et l'UMP critiqueront l'Europe telle qu'elle va, mais voudront apporter la preuve qu'on peut en infléchir la politique, tandis que le FN défendra l'idée que tout changement est illusoire sans faire voler le cadre en éclat. Illustration, lundi, sur le plateau de Mots croisés sur France 2. Marylise Lebranchu, ministre de la réforme de l'Etat : «Sur les travailleurs détachés, la fameuse directive qui a mis à genoux les abattoirs bretons par exemple, on s'est révolté parce que des gens font venir des salariés d'ailleurs à 330 euros par mois et certaines entreprises font ce choix, ce ne sera plus possible aujourd'hui.» Le tout entrecoupé de dénégations véhémentes de Florian Philippot : «Mensonges, vous n'avez rien fait ! Mensonges.»
DESINTOX. Alors, le gouvernement a-t-il interdit le dumping social ? Ou n'a-t-il rien fait ? Faisons le point en repartant du début… Contrairement à ce que dit Marylise Lebranchu, aucune directive sur les travailleurs détachés n'a jamais autorisé (dans les abattoirs, ou ailleurs) l'emploi de salariés à 330 euros par mois en France. Le régime des travailleurs détachés est encadré depuis 1996 par une directive spécifique. En réponse aux premiers élargissements qui faisaient (déjà) planer la crainte d'un dumping




