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Récit

Hénin-Beaumont : la Ligue des droits de l'Homme expulsée par la mairie FN

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L'association avait appelé «à barrer la route» au Front national lors de la campagne électorale des municipales.

Steeve Briois, le 30 mars, à Hénin-Beaumont. (Photo Pascal Rossignol. Reuters)
ParStéphanie Maurice
LILLE, de notre correspondante
Publié le 08/04/2014 à 13h47

C'est le premier geste politique de Steeve Briois, le maire FN d'Hénin-Beaumont. Il a suspendu la subvention accordée à la Ligue des droits de l'Homme, section Hénin-Carvin, et lui a prié de déguerpir du local municipal qu'elle occupait, pour cause d'opposition politique. Steeve Briois s'appuie pour se faire sur un arrêt du Conseil d'Etat, qui concernait, en 2002, la Licra à Draguignan. «Le Conseil d'Etat indique qu'il n'est pas possible de subventionner une association qui combat une formation politique dont l'existence est légalement reconnue», indique le communiqué de presse du Front national, qui conclut : «Que la bien-pensance s'y fasse : désormais la loi sera respectée à Hénin-Beaumont !»

L'argumentaire est juridique, mais on en retient surtout l'odeur de chasse aux sorcières. «On s'y attendait», confie Georges Voix, le délégué régional de la Ligue des droits de l'Homme. «C'est un hommage à la LDH pour sa lutte contre l'extrême-droite. La section d'Hénin-Carvin se bat contre l'implantation du Front national depuis quinze ans, en appelant à toutes les consciences républicaines.»

Le torchon brûle en effet depuis un moment entre les responsables frontistes et Alain Pruvot, le dirigeant de la section de la LDH sur le secteur. Pendant la campagne, Alain Pruvot avait appelé à «barrer la route» au FN, pour cause de «dangerosité». Briois avait répliqué en évoquant une «campagne de haine» anti-FN. Bruno Bilde, conseil

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