Manuel Valls a réussi son entrée. S’il n’a pas l’ascendant naturel de Lionel Jospin ou le lyrisme incantatoire de Pierre Mauroy, le nouveau Premier ministre a démontré, mardi après-midi, au Palais- Bourbon qu’il possédait talent oratoire, fermeté, dynamisme et sincérité.
Ce n'est pas si mal. Si l'on se remémore les discours de politique générale de ces vingt prédécesseurs, chefs de gouvernement sous la Ve République, son allocution le situe aisément dans le premier tiers. Ne chipotons pas : il a réussi l'exercice.
Ce n’est pas une surprise. Le verbe figure parmi les armes dont dispose le conquistador catalan. Manuel Valls a l’appétit féroce et de bonnes dents.
Il aspire au pouvoir, il en possède nombre d’attributs : l’autorité, l’activité, la cohérence et la méthode. L’un des pièges qu’il devait éviter était de n’apparaître que comme l’ombre portée de François Hollande. Il l’a évité en jouant de son clemencisme proclamé, multipliant les références à la France, à la patrie, à la République, aux grands hommes, à l’énergie, au rassemblement. L’autre piège consistait à employer trop rustiquement les trucs et les ficelles du spécialiste en communication qu’il est. Il l’a contourné, grâce notamment à une péroraison réussie, habile et émouvante à la fois, sur sa trajectoire personnelle. Si la musique de son discours était très hollandaise, l’interprétation était incontestablement vallssienne. Voilà donc la première haie aisément franchie.
La suite apparaît évidemment beaucou




