Depuis des mois, les juges d'instruction en charge de l'affaire dite des sondages de l'Elysée cherchaient ces centaines d'heures d'enregistrement effectuées au «Château» ou lors de réunions plus confidentielles. Alertés de l'existence du désormais fameux dictaphone de Patrick Buisson, ex-proche conseiller politique de Nicolas Sarkozy et directeur d'un cabinet de conseil, les juges avaient multiplié les perquisitions pour les retrouver, en vain. Depuis quelques jours, ils ont enfin à leur disposition au moins deux bandes-son de plus de deux heures trente chacune, dont des extraits avaient paru en mars dans le Canard enchaîné et Atlantico (tous les deux condamnés pour atteinte à la vie privée).
Favoritisme. Ces enregistrements ont en effet été remis aux juges Serge Tournaire et Roger Le Loire par l'avocat de l'association Anticor, Jérôme Karsenti. Il est à l'origine de l'information judiciaire ouverte pour favoritisme et détournements de fonds publics visant des contrats passés sans appel d'offres entre l'Elysée sous la présidence Sarkozy et des bureaux d'étude. De très nombreux sondages, réglés par l'Elysée, concernaient en fait le candidat Sarkozy ou sa vie privée (le mariage avec Carla Bruni), et non des sujets d'intérêt public.
Les enregistrements Buisson, captés les 26 et 27 février 2011 au moment d'un remaniement ministériel, vont être très utiles aux magistrats. Comme Libération, qui a eu accès à ces bandes, a pu le




