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tribune

Manuel Valls, un Tony Blair français?

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ParDenis Macshane
Ancien ministre britannique des Affaires européennes dans le gouvernement Blair
Publié le 10/04/2014 à 18h06

François Hollande, président assiégé, a franchi le rubicon en nommant Premier ministre le politicien le plus libéral et le plus atlantiste de toute l'histoire française de l'après-guerre. Manuel Valls, nouveau Premier ministre, ne cache pas son admiration pour Tony Blair ni sa conviction que c'est le marché et non l'Etat qui crée de la croissance économique, des emplois et de la prospérité. Il ne cache pas non plus sa vision pour «plus d'intégration» comme réponse au malaise de l'immobilisme européen, ce qui le met en désaccord avec le Britannique David Cameron qui affirme que «moins d'Europe» serait la solution pour aller de l'avant.

J'ai connu Manuel Valls avant qu'il n'émerge sur la scène politique internationale comme porte-parole et conseiller du socialiste Lionel Jospin, nommé Premier ministre en 1997, un mois après que Tony Blair eut intégré Downing Street. Car il serait opportun de mentionner la fatale attraction du nouveau Premier ministre français pour Tony Blair, le politicien qu'il admire entre tous. Pas le Blair de la guerre d'Irak qui reste une figure contestée de la gauche française et plus largement de la gauche démocratique européenne - mais celui que Valls aura vu aux manettes à partir de 1997 et pendant les quatre années où il fut proche conseiller de Lionel Jospin. Après la défaite socialiste de 2002, Valls passe une décennie à poser une question centrale et pourtant négligée par l'ensemble de la gauche française : «Comment une social-dém

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