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Le soufflé de Bruxelles

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Anticipant une fin de non-recevoir de la part de la Commission européenne, Paris n’a en réalité présenté aucune demande de délai sur les 3%.

Publié le 15/04/2014 à 20h06

«On ne sort de l'ambiguïté qu'à ses dépens.» Cette affirmation du cardinal de Retz ne s'est jamais aussi bien appliquée qu'au magnifique pataquès sur les engagements français vis-à-vis de Bruxelles. L'Elysée avait habilement entretenu l'espoir au sein de la majorité de renégocier avec Bruxelles au moins le «rythme» de la réduction de son déficit public. Les députés ont eu d'autant plus envie d'y croire qu'ils l'avaient longtemps espéré. Avec l'arrivée de Manuel Valls à Matignon, la petite musique subliminale a pris un peu plus de consistance. La France allait «discuter» avec Bruxelles, promettait même Michel Sapin, le tout nouveau ministre des Finances. Sauf que pas du tout. Il n'y aura finalement ni inflexion, ni changement de rythme, ni modification de calendrier. Non pas parce que Bruxelles aurait dit niet aux revendications de Paris, mais tout simplement parce que l'Elysée a renoncé à ses requêtes, de peur de se voir infliger une fin de non-recevoir.

«Coups de sonde». «La France n'a jamais demandé formellement un report, donc nous n'avons pas eu à lui répondre formellement négativement», ironise un haut fonctionnaire européen. Selon nos informations, la réunion qui a eu lieu jeudi à Bruxelles entre Emmanuel Macron, le secrétaire général adjoint de l'Elysée, Philippe Léglise-Costa, le conseiller Europe du chef de l'Etat, et Johannes Leitenberger, le chef de cabinet de José Manuel Barrosou, le préside

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