La scène a manifestement été pensée. Mais il manquait hier ce zeste de naturel qui fait la grande différence entre un bon et un mauvais storytelling. A la sortie du Conseil des ministres, François Hollande s’avance, face caméra, sur le perron de l’Elysée. Il est entouré de Manuel Valls, son Premier ministre, de Michel Sapin (Finances), de Christian Eckert (Budget), de Marisol Touraine (Santé) et de Marylise Lebranchu (Réforme de l’Etat). Les autres sont sagement restés à l’intérieur pour ne pas venir brouiller le message : ces quatre-là sont censés former l’équipe de choc, celle qui va mettre en musique les fameux 50 milliards d’euros d’économies sur trois ans. Et puis François Hollande serre la main à son Premier ministre. Il ne dit rien. Mais son attitude suggère un «Et surtout bon courage». Le chef de l’Etat rentre dans ses appartements et laisse Manuel Valls, accompagné de ses quatre acolytes, traverser la cour de l’Elysée et se réfugier dans la salle de presse où se tient chaque mercredi le débriefing du porte-parole du gouvernement.
Brouillard. Encore à la recherche de son équilibre, le couple Hollande-Valls a inventé hier une figure inédite : un chef du gouvernement qui annonce, depuis l'Elysée, un sujet qui avait été jusqu'à présent porté par le président de la République. On peut y voir soit le signe que Hollande garde la main et n'hésite pas à envoyer au front son Premier ministre, soit que le Président est trop faible pour se p




