Le «big bang territorial», annoncé par le Premier ministre, semble vouloir s'attaquer enfin à la «confusion territoriale» qui disperse énergies publiques et privées et alimente un réseau d'un demi-million d'élus. Mais, les objectifs affichés sont peu compréhensibles, et le calendrier annoncé, aberrant. La disparition des conseils départementaux, souhaitable, est renvoyée suffisamment loin dans le temps (2021 !) pour n'engager à rien, puisqu'avec un tel agenda, la réforme a toutes les chances de s'enliser, les élus cantonaux ayant décidé de remettre au goût du jour la guerre de tranchées. De plus, la fin des organes élus ne vaudrait pas disparition des départements, eux-mêmes qui survivraient sous forme de canevas pour l'administration d'Etat. Ce découpage technique, issu d'une logique pourtant deux fois centenaire, perdurerait face à l'émergence des régions et à celle des «bassins de vie» annoncés par ailleurs.
La refonte de la carte des intercommunalités, sur la base des bassins de vie, est une excellente initiative. Elle permettrait de faire coller l'organisation d'un territoire à la vie quotidienne de ses habitants, en mixant, sur des aires plus vastes (une dizaine par département ?), l'urbain et le rural. Mais, si l'objectif est vraiment de ne pas marginaliser les territoires les plus fragiles, face à la montée en puissance des métropoles, il faut annoncer immédiatement que ces pays, ainsi définis, constitueront une seconde chambre région




