En écoutant Manuel Valls annoncer la suppression des départements, Hervé Saulignac, député et président PS du conseil général de l'Ardèche, est «resté comme deux ronds de flanc». Il venait de mettre «péniblement» en route la parité et la refonte des cantons voulues par François Hollande en 2012. «Et là, Valls arrive et balaye tout !» s'exclame Saulignac. En Ardèche, la majorité des élus ne croient pas vraiment à ce big bang programmé pour 2021. «C'est un effet d'annonce, le vent a le temps de tourner», juge Jacques Dubay, élu UDI, résumant l'état d'esprit de ses collègues, toutes étiquettes confondues.
Mutualiser. Dans les villages, l'annonce de Valls a titillé la fibre antijacobine : «L'Etat pense que les élus locaux ne sont pas au niveau, c'est une monarchie républicaine !» s'enflamme Raoul L'Herminier, élu PS du canton de Joyeuse. Effeuiller le millefeuille, charcuter les cantons ou gommer les frontières départementales… Le président de l'Ardèche y est pourtant favorable «à 100%». C'est même ce qui est en marche depuis huit ans, avec la complicité du département voisin : Hervé Saulignac et son homologue président PS de la Drôme, Didier Guillaume, pilotent une interdépartementalité baptisée «DrômArdèche». Leur deux départements, étalés autour du Rhône comme les ailes d'un papillon, ont été «les précurseurs de la réforme territoriale», assure Didier Guillaume.
Au départ, le co




