Assise sur une chaise, le corps en avant, elle semble prête à se lever à tout instant pour aller chercher quelque chose ou quelqu'un. On se souvient de l'avoir vue, exactement dans la même posture, devant son bureau de secrétaire de rédaction du Matin de Paris, au milieu des années 80. Le journal n'allait pas tarder à disparaître et abritait des égarés épiques ou des naufragés de l'époque. Loin des fenêtres qui donnaient sur un puits de lumière, Brigitte Hemmerlin se tenait penchée sur la copie qu'elle relisait. «L'avocate», tombée par amour, par bêtise ou par conviction politique, on ne savait pas trop bien, se faisait discrète. Elle avait pris cinq ans de prison pour avoir transmis, en février 1981, une arme à Philippe Maurice, dernier condamné à mort en France. Depuis, elle a l'impression que sa vie se trouve «entre parenthèses». Trente ans plus tard, en 2011, le conseil de l'ordre a refusé sa réinscription au barreau de Paris et la parenthèse n'est toujours pas refermée.
Février 1981. Une jeune avocate rend visite à son client, Philippe Maurice, avec, dans son sac, un colt 45. Elle ne supporte pas l'idée que cet homme, de deux ans son cadet, ait le cou tranché par la lame de la guillotine. La tentative d'évasion échoue. Un gardien est grièvement blessé et Philippe Maurice endosse l'étiquette d'irrécupérable. Tout dans cette affaire paraît démesuré pour cette jeune fille qui rêve sa vie. Elle a bien fait sign




