C'était l'époque où la droite avait des idées, où le président de la République était populaire, où les Français étaient encore optimistes, pour la dernière fois. Valéry Giscard d'Estaing venait d'être élu. Il l'avait emporté d'un souffle sur François Mitterrand par l'écart le plus exigu de la Ve République (50,6%). L'homme de Latche avait mené une campagne intelligente et raisonnable, soutenu par la gauche classique, PC inclus, mais ostensiblement libre de ses mouvements. L'homme de Chamalières, lui, avait mené une campagne brillante et novatrice, utilisant comme personne l'arme encore neuve de la télévision. Après seize ans de gaullisme, incarné par l'impérieuse statue du Général, puis par l'autorité stoïque de Georges Pompidou, Valéry Giscard d'Estaing, 48 ans, avait su faire passer un air de jeunesse, de nouveauté et même d'allégresse.
En 1981, il fut le premier président de la Ve République à manquer sa réélection. Entre-temps, la crise avait surgi (les deux chocs pétroliers), le chômage avait commencé sa funeste ascension, Raymond Barre avait imposé une savante rigueur aux Français ulcérés et Jacques Chirac, au meilleur de sa forme, avait inlassablement semé pièges, chausse-trapes et embûches sous les pas de Valéry Giscard d'Estaing. La présidence Chirac ne marquera pas l'histoire mais comme opposant féroce, nul n'a égalé l'alors maire de Paris.
Il y a quarante ans, personne n’imaginait cependant pareil épilogue. En fait, les Français ont sanctionné




