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EDITORIAL

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Publié le 25/05/2014 à 21h26

Elle avait beau être annoncée, la victoire du Front national reste un choc qui va ébranler la France et l’Europe entière. Certes, les élections européennes n’ont jamais structuré la vie politique intérieure ni auguré des résultats des prochains scrutins. Mais le succès du FN atteste de sa capacité de mobilisation, de son enracinement et de la pérennité de ses thèses xénophobes. Il met aussi la droite traditionnelle, embourbée dans les affaires, divisée sur les idées et ses querelles de chefs, face à ses responsabilités : continuer à jouer avec le feu des idées d’extrême droite, comme l’a fait Nicolas Sarkozy en 2012, ou adopter la stricte ligne de démarcation prônée par Alain Juppé. A travers ce choix, beaucoup plus que le sort de Jean-François Copé, qui devrait être scellé dans les prochains jours, c’est la survie de l’UMP qui est en jeu.

Le Parti socialiste aurait tort de se féliciter de cette situation. Après deux années de gouvernement, la popularité famélique du Président et une incapacité récurrente à retrouver son électorat, le PS peut sérieusement redouter de revivre d’ici à trois ans la tragédie politique de 2002.

Mais l’onde de choc créée par le parti de Marine Le Pen dépasse largement les frontières nationales. Ses résultats, accompagnés par les bons scores d’autres partis europhobes, constituent une menace réelle pour l’idée européenne. Le virus qui contamine la France depuis des années risque de se diffuser dans une Union où la colère contre les politiques de rigu

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