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Interview

«Peut-être a-t-on sous-estimé la puissance du Front national»

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Publié le 25/05/2014 à 21h06, mis à jour le 25/05/2014 à 22h26

Victoire du Front national, gauche KO debout : le politologue Jean-Yves Dormagen analyse les résultats de ces élections européennes.

Peut-on qualifier ces européennes de «nouveau 21 avril» ?

Le score du Front national est impressionnant. Rappelons cependant que les résultats européens sont peu prédictifs des scrutins à venir. En 2009, le PS avait fait un score modeste, 16,5%: c'était un an avant des régionales triomphales, et trois ans avant la victoire présidentielle de François Hollande. En effet, l'abstention aux européennes est telle que ceux qui y votent ne sont pas représentatifs de l'électorat total. Il y a une surreprésentation des électeurs très âgés et des diplômés, une sous-représentation des jeunes et des classes populaires. Qui plus est, le vote utile ne marche pas sur ce scrutin. Les électeurs connaissent très mal ses enjeux institutionnels, ils l'utilisent plutôt comme une sorte de référendum. Cela dit, au vu de ces résultats, un second tour FN-UMP devient une hypothèse plausible parmi d'autres pour 2017.

Le FN peut donc remporter une élection où ses soutiens traditionnels −jeunes, classes populaires− s'abstiennent massivement...

Effectivement, ces paramètres devraient pénaliser le FN. Celui-ci a donc sans doute des réserves électorales. Et peut-être que l'on se trompe sur sa sociologie, peut-être que l'on sous-estime sa puissance chez les plus âgés, par exemple. Cela veut dire que, dans certains tranches d'âges, il est vraiment très fort : je ne serais pas étonné que plus de la moitié des 18-25 ans du Nord-Pas de Calais aient voté pour lui.

A l'inverse, le PS est au tapis. 

Ces européennes confirment et renforcent l'enseignement des municipales : il y a aujourd'hui une distanc

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