Les élections européennes ont confirmé en les amplifiant les résultats des dernières municipales : le Front national est pour la première fois de son histoire en tête d'un scrutin national, la droite ne profite pas du mécontentement de l'électorat, quant à la gauche, elle s'effondre et se trouve traversée par de profondes divisions qui devraient aller en s'accentuant. Moins de deux mois après son entrée en fonction, le gouvernement de Manuel Valls sort affaibli du scrutin et c'est la question de l'avenir du système politique de la Ve République qui est aujourd'hui posée avec une acuité particulière.
Un petit noyau de votants au profil particulier
Le niveau de l'abstention, encore une fois très élevé, a été éclipsé dans les premiers commentaires par le score du Front national. L'analyse du scrutin doit cependant partir du constat que les européennes ne mobilisent plus, depuis maintenant quinze ans, qu'un tiers des citoyens Français en âge et en droit de voter. Aux 7% de non-inscrits, il faut, en effet ajouter les 57% d'abstentionnistes qui ne se sont pas rendus aux urnes dimanche. Tout converge d'ailleurs pour produire cette très faible mobilisation : un scrutin illisible, une méconnaissance quasi totale du fonctionnement des institutions européennes, des circonscriptions imaginées dans une logique purement politicienne, des têtes de listes «régionales» et européennes inconnues du grand public, le profond désenchantement politique ambiant et, last but not least, une quasi-absence de campagne, tout partic




