C’est un Président français affaibli et sans munitions qui arrive ce mardi après-midi à Bruxelles, pour une réunion avec les chefs d’Etat et de gouvernement européens. Lundi soir, à l’occasion de son allocution télévisée, décidée au dernier moment, François Hollande n’a annoncé ni inflexion ni initiative en matière de politique européenne. Qu’elle soit institutionnelle ou économique. Rien, pas une mesure, même symbolique qui aurait au moins pu donner le sentiment que le coup de tonnerre de ces élections avait bien été entendu.
«Demain, pas plus tard que demain, au Conseil européen, je réaffirmerai que la priorité c'est la croissance, c'est l'emploi, c'est l'investissement», a-t-il déclaré. C'est-à-dire ni plus ni moins que le discours tenu depuis deux ans. Comme si les batteries du chef de l'Etat étaient désespérément vides.
Même dans des situations très difficiles (on pense notamment aux semaines qui ont suivi l’affaire Gayet), François Hollande avait toujours su relancer la machine et réveiller l’intérêt. Du moins sur le plan national. C’était le pacte de responsabilité annoncé, début janvier. Puis les 50 milliards d’euros d’économie révélés lors de sa conférence de presse du 14 janvier, puis la réforme territoriale. Même en matière européenne, à chaque conférence de presse, François Hollande avait quelque chose de neuf à dire. Une (petite) feuille de route à dérouler. Mi-janvier, le chef de l’Etat avait décliné trois priorités pour relancer le couple franco-alleman




