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tribune

Le Front national est aussi notre faillite

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. (Illustration Stefano Rossetto)
ParPhilippe Corcuff
Sociologue, militant libertaire et altermondialiste
Publié le 27/05/2014 à 18h06, mis à jour le 28/05/2014 à 17h34

La persistance d’un abstentionnisme massif et le Front national (FN) en tête : les résultats des élections européennes nous rapprochent un peu plus du précipice après les municipales.

Les représentants du Parti socialiste (PS) en appellent une fois de plus au «sursaut républicain». Comme si le énième appel à la relégitimation de professionnels de la politique persévérant dans une politique sociale-libérale destructrice pouvait avoir des vertus magiques face au désastre annoncé. Le gentil pépère François Hollande, dans le sillage du sarkozysme, va vraisemblablement laisser son nom dans l’histoire comme un accélérateur de la montée de l’extrême droite. Pour oublier combien on peut être une marionnette des circonstances, il pourra toujours rouler la nuit autour du périph en scooter, le nez au vent, avec l’impression d’être libre…

Dans le ridicule des commentaires, Cécile Duflot, se félicitant du score d'Europe Ecologie-les Verts (EE-LV), aura atteint un sommet, en appuyant un peu plus le trait sur la caricature de «politique autrement», incarnée par le parti écologiste.

Les différentes composantes de «la gauche de la gauche» auront acté de leur incapacité à exprimer une alternative à gauche. Cela fait vingt ans qu’elles patouillent lamentablement depuis les débats, en 1994, autour de la Convention pour une alternative progressiste de Charles Fiterman ! Le Front de gauche n’a pas réussi à être autre chose qu’un regroupement politicien sans orientation commune, adossé à une

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