Débarquer Jean-François Copé. Lundi, à la veille du bureau politique le plus extraordinaire de l'histoire de l'UMP, François Fillon est à la manœuvre. Toute la semaine passée, le député de Paris a tenté de convaincre, un par un, ceux qui comptent dans le mouvement que «Jean-François ne pouvait rester». A midi, il a déjeuné avec François Baroin et, le soir, c'est avec Alain Juppé, le sphinx de Bordeaux, qu'il discute au téléphone. L'Aquitain, qui ne cache plus son appétit pour 2017, hésitait à mettre un petit doigt dans le cambouis du parti.
Le couperet électoral de dimanche l'a décidé. Ce soir de veillée d'armes, Fillon et Juppé écrivent l'après-Copé. Plusieurs scénarios sont envisagés. Un trio équilibré Valérie Pécresse (filloniste), Luc Chatel (copéiste modéré) et Edouard Philippe (bras droit de Juppé) ? Xavier Bertrand en président intérimaire ? Ou encore un triumvirat d'anciens. Pour dégommer Copé, qui ne peut quitter la présidence qu'en démissionnant, Fillon prévient : si l'actuel président ne se met pas «en réserve» pendant l'enquête judiciaire, il quittera les instances dirigeantes. C'est Copé ou lui. L'ancien Premier ministre rédige un texte. Et passe, peu avant minuit, un dernier coup de fil à Bruno Le Maire, encore indécis.
«Déballage». A 8 heures, hier matin, les jeux semblent faits. Au Bourbon, le café QG des députés proche de l'Assemblée, on complote à toutes les tables. «Il faut que Copé parte», conclut




