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Le piège Front national se referme

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L'ancienne présidente du Medef lors d'un meeting de l'UDI-MODEM avant les élections européennes du 18 mai 2014. (Photo: Thomas Samson.AFP)
Par
Laurence Parisot
Ancienne présidente du Medef et vice-présidente de l’Ifop
Rose Lapresle
Philosophe, experte en stratégie
Publié le 29/05/2014 à 18h06

Nous avons écrit, en 2011, Un piège bleu Marine, qui démontait les rouages du piège tendu par le Front national (FN) dorénavant incarné par la fille de son fondateur. Un piège économique, parce que Marine Le Pen installe des idées fausses : l'idée fausse que l'euro nous aurait appauvris ; que d'ores et déjà, nous vivrions dans l'austérité ; que le patriotisme économique n'aurait pas de sens à l'échelle européenne ; qu'on pourrait produire purement français ; que les barrières douanières auraient le pouvoir de protéger notre industrie ; que les banques françaises manqueraient à leur devoir ou à leur vocation ; qu'il faudrait aujourd'hui faire comme sous les Trente Glorieuses et que la France aurait la taille suffisante pour se réindustrialiser et rayonner seule.

Oubliant par là que la France n’a globalement supprimé aucune prestation sociale et que ses banques n’ont failli à aucun de leurs engagements. Ne voulant pas voir que les produits que nous consommons sont déjà souvent le résultat de toute une chaîne économique internationale. Ignorant volontairement que notre rapprochement continu avec l’Allemagne depuis 1945 n’a cessé de nous ouvrir des perspectives. Cachant au passage qu’en réalité, la France n’a jamais resplendi seule mais toujours en s’adjoignant des forces étrangères, liées autrefois à des conquêtes rarement pacifiques car coloniales. Nous interdisant d’être fiers d’avoir tenu bon face à ce tsunami venu des Etats-Unis qu’on appelle depuis 2007 «la crise».

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