Le 25 mai 2014, à 20 heures, les premières estimations des résultats aux élections européennes tombent : 25% pour le Front national. Un nouveau séisme politique, après celui du 21 avril 2002, frappe la France.
A 20 h 05, Jean-Luc Mélenchon est interrogé sur la source de ce bouleversement dans le champ politique français. Deuxième secousse : la question civilisationnelle et religieuse est évoquée dans l’analyse du résultat. Enfin !
Oui, enfin, car généralement, le vote FN est associé à des raisons économiques : il suffirait de réduire le taux de chômage, d’augmenter le pouvoir d’achat des Français pour que, mécaniquement, le vote FN disparaisse.
Bien sûr, la question économique est centrale, et d’ailleurs le FN lui-même élabore un discours (autour du protectionnisme économique notamment) censé répondre à cette dimension du mécontentement. Mais peut-on pour autant considérer que, comme beaucoup l’avancent, une fois la situation économique sous contrôle, le discours frontiste ne ferait plus recette ?
Que penser alors de la situation autrichienne ? Un pays où le chômage ne dépasse pas les 5% vient également de connaître un cataclysme, avec un FPÖ rassemblant 20% des votes, contre 12,7% en 2009.
Et du Danemark, le «pays du bonheur» (sic), où l’extrême droite du Parti populaire est arrivée en tête avec 27% ?
Et du Royaume-Uni où, pour la première fois, travaillistes et conservateurs se font devancer, qui plus est par les eurosceptiques libertariens et anti-islam de l’Ukip (27%) ?
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