La bande du Petit Bar d'Ajaccio a-t-elle payé un tueur venu de Bastia pour éliminer, en 2012, l'ancien bâtonnier d'Ajaccio Antoine Sollacaro ? Ou bien la mise en examen de cinq de ses membres, dont deux pour assassinat, n'est-elle qu'une «construction policière», comme le dénoncent leurs avocats ? La cour d'appel d'Aix-en-Provence se penche ce lundi sur les demandes de «démise en examen» déposées par plusieurs d'entre eux. Les éléments dont disposent les magistrats pour répondre permettent de retracer assez précisément l'assassinat tel que le comprennent désormais les enquêteurs. Et d'évaluer les charges pesant sur les membres du Petit Bar.
Tout commence cinq ans avant l'exécution, en avril 2007. Une moto BMW R 1200 GS rouge est volée à Ajaccio à un touriste hongrois, puis quelqu'un la dépose quelques semaines plus tard dans l'atelier d'une concession BMW. Il faut changer le boîtier électronique et le contacteur pour qu'elle redémarre, et le client veut aussi qu'elle soit repeinte en noir, que l'on remette un porte-bagages et une bulle en plexiglas d'origine, que l'on enlève des phares additionnels. Bref, qu'on la banalise. Le mécano dira quelques années plus tard que c'était André Bacchiolelli (47 ans), membre du Petit Bar, avant de se rétracter, lors d'une confrontation. De son côté, le patron de la concession affirmera seulement que l'engin a été apporté par quelqu'un de la bande. «Comprenez, précisera-t-il, que ma mémoire peut être bloquée, car je ri




