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tribune

Pour une refondation territoriale

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ParJean Viard
Directeur de recherches CNRS au Centre de recherches politiques de Sciences-Po (Cevipof)
Michel Destot
Ancien président de l’Association des maires des grandes villes
Alain Rousset
Président de l’Association des régions France (ARF)
Publié le 02/06/2014 à 18h06

L’absence de courage politique pour réformer l’Europe, la mise en marge de l’objectif de justice sociale, le refus chauvin d’une politique économique commune ont mis dans une immense colère les peuples d’Europe - en particulier le peuple de France. L’extrême droite et l’abstention s’en nourrissent et nous dégradent en Europe et aux yeux du monde.

Les mêmes questions et les mêmes incapacités à sortir de luttes idéologiques archaïques vont entraîner les mêmes effets aux prochaines élections régionales et départementales. Opposition et majorité jouent ici aussi, et ce depuis des années, un jeu suicidaire de refus successifs du changement. Alors, comme ils rejettent de plus en plus l’Europe, les Français rejettent de plus en plus la décentralisation. Sans une modification forte de l’organisation politique du territoire, nous sommes convaincus qu’il arrivera à la scène locale ce que nous venons de connaître pour la scène européenne. Et, les politiques ne peuvent parler sans cesse de réforme seulement pour les autres et ne jamais en faire pour eux-mêmes ! Aussi, nous affirmons ici les principes et les objectifs qui nous semblent essentiels :

1) La décentralisation de 1981 fut pensée avant le TGV, le téléphone portable et Internet. Nous étions loin les uns des autres. Rappelons aussi que la carte économique de notre pays a été depuis transformée car l’Ile-de-France a «expulsé» l’industrie vers les régions. Paris est devenu une place mondiale du conseil, du service haut de gamme, de l

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