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Récit

A l’Elysée, une journée sur la Breizh

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Tout était prêt, jusqu’à ce que le lobby breton, qui ne voulait pas fusionner avec les Pays-de-la-Loire, oblige Hollande à redessiner en catastrophe sa carte de France lundi soir. Retour sur une décision aux allures d’improvisation.

François Hollande, le 20 mai 2014 à l'Elysée. (Photo Bertrand Guay. AFP)
Publié le 03/06/2014 à 20h16

Ce devait être l'occasion, si ce n'est d'un rebond en tout cas de reprendre la main. Avec sa réforme territoriale, François Hollande comptait bien repriser son costume de président de la République. Et se présenter devant les Français en chef d'Etat réformateur, bien décidé à s'attaquer à cette singularité française : son millefeuille administratif. Un Hollande au-dessus des partis et des baronnies de socialistes qui président 21 des 22 régions métropolitaines. Vingt-quatre heures après la publication de la nouvelle carte des 14 super régions, force est de constater que l'occasion est ratée. En tout cas sur la forme. «D'un strict point de vue de com, c'est une catastrophe, estime même un conseiller ministériel. On s'est savonné la planche tous seuls.» Et l'interview mardi matin de Manuel Valls sur BFM n'a rien arrangé. «L'encre n'est pas sèche sur la tribune de Hollande [publiée mardi dans la presse régionale, ndlr] que Valls dit que tout peut évoluer : honnêtement, ça ne fait pas sérieux», s'étrangle un dirigeant socialiste.

Le Drian gâche tout. Ce gâchis, François Hollande le doit en grande partie à lui-même mais aussi à son fidèle ami, Jean-Yves Le Drian, ancien patron de la région Bretagne. C'est lundi en fin d'après midi que tout a déraillé. Il est 15 h 30 à l'Elysée, quand François Hollande entame son tête-à-tête avec son ministre de la Défense. Les deux hommes viennent de passer une heure ensemble au sein

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