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Le bac a-t-il toujours commencé par la philo ?

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Une question-colle pour se mettre en jambes, alors que le bac débute ce matin pour 680 000 élèves.

L'année dernière, le 17 juin, lors de l'épreuve de philo au bac, dans un lycée à Strasbourg. (Photo Frédérick Florin. AFP)
Publié le 16/06/2014 à 7h24

[Article datant de juin 2914]

Ce lundi matin, malgré quelques péripéties annoncées pour se rendre dans les salles d'examen avec la grève à la SNCF, 680 000 élèves passent le bac. Les deux tiers des candidats, en filière générale et technologique, attaquent par l'épreuve de philo.

Dire que le bac commence toujours par la philo est donc faux. C'est oublier les 200 000 terminales en filière professionnelle, dispensés de cours de philo pendant l'année, et donc d'épreuve à l'examen. «C'est dommage», regrette Sigrid Gerardin, du Snuep-FSU, syndicat représentant une partie des enseignants en lycée pro. «Surtout que par le passé, plusieurs expérimentations ont été menées dans des académies, à chaque fois, concluantes… Mais on s'est toujours arrêté là.» Une question de moyens, selon elle.

Et pour les autres, le bac a-t-il toujours commencé par la philo ? Non, répond du tac au tac l'historien de l'Education Claude Lelièvre. «C'est seulement ainsi depuis 1970», précise-t-il.

A l’époque, la raison était avant tout pratique : laisser plus de temps aux profs pour corriger les copies. Entre 1960 et 1969, le nombre de jeunes d’une classe d’âge à arriver jusqu’au baccalauréat a doublé. «On a tendance à l’oublier, explique Claude Lelièvre, mais c’est à cette époque-là, sous de Gaulle donc, que s’est produite la brutale accélération du nombre de jeunes accédant au niveau bac.» Bref, le nombre de candidats a doublé en une petite dizaine d’années mais, en parallèle, le recrutement de nouveaux professeurs de philosophie n’a pas suivi la cadence. Pour les autres matières comme le français ou l’histoire-géo, des professeurs de seconde ou de première pouvaient être appelés en renfort pour corriger les copies du bac. Chose qui n’était pas possible en philo, la discipline n'étant enseignée qu’en terminale.

C’est d’ailleurs pour cette même raison d’organisation, que pendant longtemps l’épreuve de philo au bac était avancée dans le calendrier. Ceux qui ont bonne mémoire se souviennent peut-être avoir passé la philo quinze jours avant le bataillon des autres épreuves. L’écart s’est progressivement

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