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Analyse

Au FN, l’antisémitisme n’est pas un détail

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Marine Le Pen cherche à remplacer la haine des Juifs, ciment originel du parti, par l’islamophobie. Non sans mal.

Marine Le Pen pendant la campagne de 2012. (Photo Martin Bureau. AFP)
Publié le 27/06/2014 à 19h06, mis à jour le 30/06/2014 à 10h58

Ce n'est pas un hasard si la querelle-spectacle entre Marine Le Pen et son père s'est nouée autour d'un de ses propos antisémites, quand l'homme de «Durafour crématoire» a parlé dans son blog vidéo d'une «fournée» à l'évocation d'artistes opposés au FN, dont le chanteur Patrick Bruel. Même si la fille n'y voit qu'une interprétation malveillante des médias et ne condamne pas le fond, elle choisit de se démarquer bruyamment sur ce sujet ultrasensible.

«Diable de la République». L'antisémitisme a été le ciment du FN. Constitutif de son identité, il l'imprègne et le nourrit dès l'origine. Il constitue son «ADN», comme l'a dit l'eurosceptique britannique Nigel Farage pour s'en éloigner. Louis Aliot a beau prétendre le contraire et dire que le Front national n'a pas de passé antisémite mais subit une «suspicion d'antisémitisme», il ne peut évacuer l'histoire d'un trait de crayon.

Dans les années 70, François Duprat devient un cadre dirigeant du parti. C'est un antisémite et négationniste notoire qui avait lui-même diffusé des ouvrages à la gloire du nazisme et des SS, ainsi qu'une brochure, grand classique de ces milieux, intitulée Six Millions de morts, le sont-ils réellement ? L'antisémitisme agrège alors plusieurs chapelles d'extrême droite, soudées dans une même haine.

Jean-Marie Le Pen, né à la fin des années 20, a connu la Seconde Guerre mondiale. Pendant des années, il instrumentalise l'antisémi

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