Corruption active. Nicolas Sarkozy ne s'attendait pas à être placé en garde à vue dans l'affaire des écoutes. Il ne s'attendait pas d'avantage à une mise en examen aussi cinglante. Après plus de quinze heures en garde à vue dans les locaux de l'Office de lutte contre la corruption de la police judiciaire, à Nanterre, l'ancien chef de l'Etat, qui a contre-attaqué mercredi soir sur TF1 et Europe 1 en dénonçant une «instrumentalisation politique de la justice» et en maniant la rhétorique du complot, a pourtant été mis en examen pour trois chefs différents. «Trafic d'influence actif» et «recel de violation du secret professionnel» d'abord. C'est sur la base de ces deux infractions supposées que l'enquête avait été ouverte en février, après la mise sur écoute de l'ancien chef de l'Etat. Depuis, les magistrats ont pu élargir leur enquête à des faits de «corruption active» et ont décidé de poursuivre Nicolas Sarkozy pour ce troisième chef. Thierry Herzog, l'avocat et ami de l'ancien président, ainsi que Gilbert Azibert, magistrat à la Cour de cassation, tous deux placés en garde à vue lundi matin, ont également écopé de ce nouveau chef de mis en examen.
Ecoutes à l'appui, les magistrates Claire Thépaut et Patricia Simon (lire leurs portraits page 4) soupçonnent Sarkozy et Herzog d'avoir cherché à obtenir des informations sur une procédure concernant l'affaire Bettencourt à la Cour de cassation auprès d'un de leur vieil ami, Gilbert Aziber




