François Mitterrand avait sa marche de Solutré, François Hollande a sa cérémonie des pendus à Tulle, Arnaud Montebourg sa fête de la rose à Frangy, Manuel Valls a désormais son échappée camarguaise chaque début d’été. On est là au cul de la France, sur une terre plate comme une planche à repasser, cramée par le soleil, et irriguée de marais. Il n’y a ici ni usine, ni clocher, juste des taureaux et des chevaux.
Il y a dans ce choix, un peu d'opportunisme politique et quelques racines personnelles. Manuel Valls, le catalan, a été élevé dans l'amour de la tauromachie. L'homme politique a fait du combat républicain une de ses marques de fabrique. La Camargue, veille terre agricole qui affiche un taux de chômage deux fois supérieur à la moyenne nationale, a été un bastion historique de la gauche, avant de basculer au Front national. Elle est une forme de laboratoire. Elle sera son terrain de jeu politique. Manuel Valls a promis d'y retourner chaque année. Et quand on lui demande, où il sera en 2017 à la même époque, il répond, sourire aux lèvres, «ici».
Mantra. L'année dernière, il était venu un 13 juillet griller la politesse à François Hollande, prononcer un discours de politique générale quasiment présidentiel dans une mise en scène sarkozyste, avec des journalistes embarqués dans une charrette, pour l'admirer marquer au fer rouge des jeunes taurillons. C'était Valls, le transgressif. Cette année, il est là pour vendre «sa loyau




