Menu
Libération
Portrait

L’énergie fossile de Jacques Toubon

Réservé aux abonnés

L’ancien ministre chiraquien, âgé de 73 ans et très décrié à gauche pour ses positions passées droitières, est auditionné ce mercredi par les sénateurs pour le poste de Défenseur des droits.

Jacques Toubon, à Paris, le 10 juin. (Photo Laurent Troude)
Publié le 08/07/2014 à 19h06

«Il bossait déjà avec Pompidou, je crois.» Autant dire Mathusalem, pour ce jeune loup UMP de 36 ans. Avec tout le respect qu’il doit à son «ancêtre» Jacques Toubon, Pierre-Yves Bournazel l’aurait vu retraité, plutôt que défenseur des droits : «Nommer un septuagénaire à ce poste, c’est le signe que la France est bloquée.» Nathalie Kosciusko-Morizet, elle, peine à donner un avis sur ce pilier du chiraquisme, ressuscité par François Hollande : «Je l’ai connu chez mon grand-père [maire gaulliste de Saint-Nom-la-Bretèche, ndlr], quand j’étais adolescente, se souvient-elle, il était très chaleureux. Et d’un tempérament très dynamique.» C’est tout pour l’hommage. Toubon, pour les 40 ans et moins, fait partie de l’Histoire.

Juvénile. NKM a quand même été bluffée quand il a plaidé sa cause la semaine dernière devant la commission des lois de l'Assemblée nationale. Ce qu'il s'apprête à refaire ce mercredi devant celle du Sénat. A 73 ans, toujours rond et lisse, toujours droit comme un général de l'armée chiraquienne, il jouait sa peau comme un débutant. «Il veut vraiment le job», a soufflé NKM, admirative. Un peu comme Alain Juppé, de quatre ans le cadet de Toubon. L'époque aime les sages, même s'ils ne l'ont pas toujours été.

«C'est quelqu'un qui a un regard d'enfant, qui se passionne pour tout ce qu'il fait. Et il est en grande forme», explique le député UMP Gérald Darmanin, 31 ans et poulain de Toubon. L'ent

Dans la même rubrique