Pour ses cent premiers jours à Matignon, Manuel Valls a soufflé, en guise de bougies d'anniversaire, deux frondes à la fois. Le même jour, une (petite) partie de sa majorité a refusé de voter le budget rectificatif de la Sécurité sociale (lire ci-contre), tandis qu'au même moment quatre syndicats snobaient son discours de clôture de la troisième grande conférence sociale du quinquennat de François Hollande (lire ci-dessous). Il n'y a pas qu'une concomitance de calendrier entre ces deux fronts. Ils communiquent entre eux. Et disent finalement la même chose : la politique de ce gouvernement ne dit rien qui vaille à une frange de la gauche. Du moins à une partie des corps intermédiaires censés la représenter.
Funeste. De cette journée de mardi, Valls peut tirer, au moins, un motif de satisfaction : la contestation parlementaire n'a pas proliféré. Elle a même un peu reflué. A Matignon, on fait les comptes : ils étaient 41 députés socialistes à s'abstenir lors du vote du programme de stabilité au mois de mai, et ils ne sont plus que 33 à ne pas voter le budget de la Sécurité sociale. Pour autant, cette minorité active n'est que la partie visible d'un malaise profond. Un grand nombre de députés PS (probablement même la majorité) approuve le diagnostic des «frondeurs» : cette politique du gouvernement de réduire de 40 milliards d'euros les charges des entreprises est à la fois «déséquilibrée», «peu ciblée», et




