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Montebourg, frondeur de l’intérieur

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Dans un discours jeudi à Bercy, le ministre de l’Economie a proposé une politique de relance qui remet en question le pacte de responsabilité.

Le ministre de l'Economie, Arnaud Montebourg, jeudi, lors de son discours à Bercy. (Photo Vincent Nguyen. Rivapress)
Publié le 10/07/2014 à 20h16

François Hollande et Manuel Valls ont devant eux un problème. Ils pensaient que les 33 frondeurs étaient une espèce (en voie de disparition) que l'on rencontrait uniquement sur les bancs de l'Assemblée nationale. Voilà qu'ils viennent de découvrir qu'il en existe, au moins un spécimen, au sein du gouvernement. Et pas des moindres. Jeudi, à Bercy, devant une assemblée qui réunissait près de 600 patrons et syndicalistes, Arnaud Montebourg, l'homme en charge de conduire la politique économique de la France, vient tout simplement de rallier le camp de la contestation. Les frondeurs avaient bataillé en vain pour un (petit) rééquilibrage du pacte de responsabilité en faveur des ménages. Certains d'entre eux ont même osé rêver de 5 milliards d'euros pour soutenir le pouvoir d'achat des classes moyennes. Ce fut un niet catégorique de l'Elysée et de Matignon. Au nom de la «cohérence», de la «lisibilité» et de la «constance» de la politique. Mais, jeudi, en plus d'une remise à plat des professions réglementées (lire ci-contre), Montebourg a, lui, proposé de consacrer un tiers des 50 milliards d'économie à «une baisse de la pression fiscale sur les ménages afin d'améliorer leur pouvoir d'achat». Ce qui signifie que le ministre de l'Economie ne parle pas de 5, mais de 16 milliards d'euros, soit le triple de l'enveloppe des frondeurs. A ce niveau-là, ce n'est plus un couac. Mais une tout autre politique économique. Un tournant.

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