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Reportage

Le Cantal craint d’être «encore plus isolé»

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Envisagée par la réforme territoriale, la fusion entre Auvergne et Rhône-Alpes inquiète dans ce département déjà périphérique.

Bernard Delcros, maire de Chalinargues (Cantal), le 21 juin. (Photo Pascal Aimar. Tendance Floue)
ParCatherine Coroller
(Envoyée spéciale dans le Cantal)
Publié le 15/07/2014 à 20h06

«On est déjà au fond de l'Auvergne, là on va être encore plus au fond.» Solange et Valérie, quadras et salariées, habitent Maurs, commune de 2 250 habitants située dans le sud-ouest du Cantal, à quelques kilomètres de la frontière avec le département du Lot. Ni l'une ni l'autre ne sont favorables à la fusion de la région Auvergne - dont fait partie le Cantal - avec Rhône-Alpes, prévue dans la réforme territoriale examinée depuis mardi à l'Assemblée nationale (lire ci-contre).

«On va se retrouver au fin fond de la future région et encore plus isolés qu'on ne l'est déjà», craignent également Sébastien, dentiste, et Patricia, son épouse. Stéphanie et Jean-Jacques, agriculteurs et habitants de la même commune, abondent en ce sens : «Déjà avec l'Auvergne, on avait du mal, on se sentait abandonnés par rapport au Puy-de-Dôme et à l'Allier, il n'y a qu'à voir l'état des routes chez nous. Mais avec Rhône-Alpes, on va encore être lésés.» Ce sentiment d'éloignement et d'abandon, Christian Rouzières, le maire PS de Maurs, le partage, et bien qu'il soit de la même famille politique que René Souchon, le président socialiste de la région Auvergne, il juge que «le conseil régional, on le sent très loin. Honnêtement, ils ne viennent pas trop nous voir». Comme beaucoup de Maursois, Christian Rouzières se sent plus proche géographiquement et culturellement de la région Midi-Pyrénées. Sur ses documents touristiques, Maurs se présente d'ailleurs comme

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