Cette fois, Manuel Valls a peut-être manqué de temps, ou d’imagination, pour sortir un portefeuille au nom incongru ou poétique. La constitution d’un nouveau gouvernement est pourtant parfois l’occasion d’un savant remue-méninges quand il faut définir le périmètre d’un ministère et lui trouver un nom. La Ve République a dans ce domaine eu quelques fulgurances qui valent d’être rappelées.
Evidemment, il y a les grands ministères dont le nom et le périmètre ne bougent pas ou peu. La Justice, l’Intérieur, ou les Affaires étrangères peuvent voir leur patronyme bouger, mais seulement à la marge. Le nom du ou des ministères chargés de l’Economie et des Finances change pratiquement à chaque fois, mais on tourne en rond.
Poésie et chèques-vacances
C’est pour les «petits» ministères et les secrétariats d’Etat qu’on trouve de tout et aussi n’importe quoi. Commençons par une touche de poésie. En mai 1981, François Mitterrand à l’Elysée et Pierre Mauroy à Matignon ont eu le temps de trouver de jolis noms pour leur gouvernement. André Henry héritera ainsi du ministère du Temps libre. Il tiendra deux ans et inventera les chèques-vacances.
Après, l’opportunisme s’installe. Fallait-il vraiment créer un poste de secrétaire d’Etat chargé des industries alimentaires ? Peut-être. En tout cas, il a été confié à Jean Tibéri, alors que Jacques Chirac se trouvait à Matignon. Le ministère de la Bonne Bouffe aurait été une suite logique… Le ministère des Réformes, sans plus de précisions, fait rêver quant à l’ampleur du chantier.




