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Des ministères taillés pour tout et parfois n'importe quoi

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Du secrétaire d’Etat chargé des Problèmes du Pacifique-Sud à celui des Travailleurs manuels et immigrés, en passant par le ministère du Temps libre, la Ve République s'est souvent illustrée en inventant des portefeuilles ministériels bizarroïdes.

Devant le ministère des Transports, à Paris. (Photo Stéphane de Sakutin)
Publié le 27/08/2014 à 17h15

Cette fois, Manuel Valls a peut-être manqué de temps, ou d’imagination, pour sortir un portefeuille au nom incongru ou poétique. La constitution d’un nouveau gouvernement est pourtant parfois l’occasion d’un savant remue-méninges quand il faut définir le périmètre d’un ministère et lui trouver un nom. La Ve République a dans ce domaine eu quelques fulgurances qui valent d’être rappelées.

Evidemment, il y a les grands ministères dont le nom et le périmètre ne bougent pas ou peu. La Justice, l’Intérieur, ou les Affaires étrangères peuvent voir leur patronyme bouger, mais seulement à la marge. Le nom du ou des ministères chargés de l’Economie et des Finances change pratiquement à chaque fois, mais on tourne en rond.

Poésie et chèques-vacances

C’est pour les «petits» ministères et les secrétariats d’Etat qu’on trouve de tout et aussi n’importe quoi. Commençons par une touche de poésie. En mai 1981, François Mitterrand à l’Elysée et Pierre Mauroy à Matignon ont eu le temps de trouver de jolis noms pour leur gouvernement. André Henry héritera ainsi du ministère du Temps libre. Il tiendra deux ans et inventera les chèques-vacances.

Après, l’opportunisme s’installe. Fallait-il vraiment créer un poste de secrétaire d’Etat chargé des industries alimentaires ? Peut-être. En tout cas, il a été confié à Jean Tibéri, alors que Jacques Chirac se trouvait à Matignon. Le ministère de la Bonne Bouffe aurait été une suite logique… Le ministère des Réformes, sans plus de précisions, fait rêver quant à l’ampleur du chantier.

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