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tribune

Manuel Valls serait-il le Tony Blair français ?

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ParHenri Weber
Directeur des études auprès du premier secrétaire du Parti socialiste, chargé des questions européennes
Publié le 10/09/2014 à 17h06
Manuel Valls partage avec Tony Blair la conviction qu’en période de mondialisation accélérée et de révolution technologique permanente, les entrepreneurs constituent un acteur social précieux, dont on aurait grand tort de se priver.

En conséquence, comme Tony Blair, il entend nouer une alliance des «forces vives» - entre chefs d'entreprise et salariés - pour retrouver et développer la puissance économique de la France et de l'Europe dans la globalisation. En cela, il partage l'orientation de toute la social-démocratie moderne, qui s'efforce de promouvoir le nouveau compromis social-démocrate du XXIe siècle, celui de l'adaptation progressiste à la mondialisation et à la troisième révolution industrielle.

Les salariés contribuent à la compétitivité des entreprises ; ils exigent, en retour, que celles-ci innovent, investissent, conquièrent de nouveaux marchés, afin de promouvoir une nouvelle croissance et reconquérir l’emploi.

Comme Tony Blair, Manuel Valls est hostile à l’archéo-socialisme «dépensophile et statolâtre», et partisan d’une alliance saint-simonienne des entreprenants. Mais trois différences majeures existent, qui interdisent de pousser la similitude plus loin.

1) Sur le plan idéologique, Manuel Valls n'est pas néolibéral mais social-démocrate. Ses mentors furent Michel Rocard et Lionel Jospin. Il pense, comme ce dernier, que le «capitalisme est une force qui va, mais qui ne sait pas où elle va» et qu'elle peut aussi aller dans le mur si elle n'est pas régulée par l'action de la puissance publique et des partenaires sociaux. Comme Michel Rocard, il sait que «le marché est un bon serviteur mais un mauvais maître» et donc qu'il faut recréer les

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