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660 directeurs de labo inquiets écrivent à François Hollande

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Publié le 14/10/2014 à 19h06

De directeur de labo à président de la République, le ton est forcément respectueux. Mais cela n'empêche pas la fermeté du propos. «Nous nous devons de vous avertir : nos laboratoires sont dans un état dramatique», écrivent pas moins de 660 directeurs de laboratoires de la recherche publique (CNRS, Inserm…) à François Hollande. Dans une lettre de deux pages et demie, remise mardi à l'Elysée. Cette mobilisation massive des cadres de la recherche publique, pas vraiment connus pour se complaire dans la protestation politique, signale une crise et un schisme.

La crise ? Elle porte, expliquent les signataires, sur l'emploi scientifique. Elle prend la forme d'«une diminution drastique du nombre de postes ouverts aux concours, aussi bien pour les ingénieurs et techniciens que pour les enseignants-chercheurs et les chercheurs». Cette politique «conduit toute une génération de jeunes diplômés à la précarité, au chômage, à l'exil, ou les pousse à se détourner des métiers scientifiques avec des conséquences redoutables pour l'avenir de l'économie et du rayonnement scientifique de notre pays. C'est le pire des gaspillages, celui du potentiel humain, celui des talents et celui de notre jeunesse.»

Pourtant, notent les directeurs de labo, il suffirait de «3% du crédit d'impôt recherche» octroyés aux entreprises, dont une bonne part n'a aucune efficacité économique et constitue une simple optimisation fiscale «pour créer 3 000 postes».

Le schisme ?

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