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Reportage

Elu FN destitué au Pontet : «Ah bon, il est plus maire ?»

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La ville du Vaucluse se prépare à une nouvelle municipale après l’annulation de l’élection de Joris Hébrard. Celui-ci va faire appel.

Devant le meeting du Front national, samedi, au Pontet. (Photo Bertrand Langlois. AFP)
ParPascale Nivelle
(Envoyée spéciale au Pontet, Vaucluse)
Publié le 19/10/2014 à 19h26

Que s’est-il passé au Pontet ces six derniers mois ? En mars, Joris Hébrard, 32 ans, masseur-kinésithérapeute, était élu maire FN avec sept voix d’avance. Le temps de fêter cette victoire surprise - surtout due à ses adversaires - et d’édicter les décrets les plus urgents (fin de la gratuité de cantines, fin des cris, des klaxons et des drapeaux les jours de mariage, augmentation de son indemnité et des effectifs de la police municipale…) et son élection était invalidée.

«Magouilles». «Frauduleux», a jugé jeudi le tribunal administratif de Nîmes. Saisie par les ex-concurrents d'Hébrard, la justice a confirmé de nombreuses signatures litigieuses sur les listes d'émargement. Lui veut faire appel. Mais après la probable confirmation de la décision par le Conseil d'Etat, il faudra revoter au Pontet (Vaucluse), cité pavillonnaire de 17 000 habitants dans la banlieue d'Avignon. L'opposition, divisée lors d'une triangulaire au printemps, promet d'avancer unie.

Dans les rues endormies, ce n'est pas l'émeute. Trois jeunes garçons avouent leur ignorance : «Ah bon, il est plus maire ?» Deux jeunes filles pouffent de rire en mettant leur main devant la bouche. Une femme pressée lève les yeux au ciel : «On en a marre des élections, marre !» Jean-Luc, homme d'affaires marié à une Kabyle, est ravi, «une excellente chose !»

Jean-Pierre, coiffeur, est lui «catastrophé», comme son copain Yves, athlétique sexagénai

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