Pour l'inauguration du nouveau Stade-Vélodrome de Marseille, tous les grands élus se pressaient à la tribune jeudi. Leurs collectivités ayant alimenté ce splendide gouffre financier, ils prennent la parole à tour de rôle. Quand vient celui de Jean-Noël Guérini, président (ex-PS) du conseil général, il se tourne enchanté vers Jean-Claude Gaudin, maire UMP allié des dernières municipales : «Quand on aime, dit-il, on ne compte pas.» L'assistance sourit. Cette alliance lui a permis de rester au cœur du jeu, en amplifiant la débâcle du Parti socialiste, notamment aux sénatoriales. Depuis, l'inoxydable fossoyeur du PS garde ses ex-camarades dans sa toile. Pour les cantonales de mars, il leur impose une impossible équation. Soit ils se rapprochent de lui, malgré ses mises en examen, pour conserver les Bouches-du-Rhône, soit ils refusent et risquent de donner le département à la droite. Cette dernière a compris qu'elle peut remporter la mise. Résultat : si l'accord Gaudin-Guérini fait grincer quelques dents, elles crissent en silence.
Un récent scrutin illustre cette situation. Il fallait remplacer le socialiste Michel Vauzelle à la tête d'Euroméditerranée, établissement public d'intérêt national qui restructure quelque 500 hectares au cœur de Marseille. La droite pensait récupérer la présidence mais les élus ont découvert que le poste avait été promis par Gaudin à une guériniste, Lisette Narducci, maire (PRG) des IIe et IIIe arrondissements, c




