Menu
Libération
Éditorial

Gravité

Réservé aux abonnés

Publié le 26/10/2014 à 19h36, mis à jour le 26/10/2014 à 19h46

Nul besoin de convoquer Jaurès et Guesde, Mitterrand et Rocard, pour rappeler que l'histoire de la gauche française s'est construite sur de profonds clivages idéologiques. Il serait pourtant trop simple de ne voir aujourd'hui, à travers l'affrontement qui agite les gauches dans la majorité, qu'un nouvel avatar d'une guerre historique. Car au-delà des querelles traditionnelles entre socialistes et libéraux, la gauche est désormais en miettes, constituée d'une kyrielle de familles divergentes, des clans venus parfois fracturer les chapelles anciennes. Pire encore, l'enquête que publie Libération révèle que ces familles antagonistes qui, jusqu'en 2012, savaient se réunir lors des grandes échéances, semblent désormais inconciliables. Comme si chaque leader, animé par l'affirmation de sa propre identité politique, était prêt à assumer une fragmentation de la gauche tout entière.

Le peuple de gauche n’est pas mort pour autant. Car si les oppositions de personnes ou d’opinions diffusent largement chez les sympathisants, notre sondage montre clairement que les valeurs de la gauche, son identité, perdurent dans le pays. Et c’est cette réalité que les responsables politiques doivent prendre en compte. Plutôt que de multiplier les déclarations belliqueuses, il appartient à Manuel Valls, Martine Aubry, Benoît Hamon et aux écologistes ou alternatifs de dégager des convergences. Face à la gravité de la crise sociale, au lieu d’entretenir la décomposition, c’est une recomposition d

Dans la même rubrique