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tribune

Quelle nouvelle social-démocratie ?

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ParHenri Weber
Directeur des études auprès du premier secrétaire du Part socialiste
Publié le 12/11/2014 à 17h06

Martine Aubry a raison, c'est bien une «nouvelle social-démocratie» qu'il faut construire, mais laquelle ?

Les conditions d’action de la social-démocratie du siècle dernier ont radicalement changé : le capitalisme s’est mondialisé ; les grands émergents ont émergé et les moins grands suivent ; la troisième révolution industrielle - celle de l’Internet, des énergies renouvelables, des bio et des nanotechnologies - a pris son essor ; l’impératif écologique s’est imposé ; le salariat s’est fragmenté en catégories aux intérêts divergents et la classe ouvrière industrielle a cessé d’être son navire amiral ; l’immigration a changé d’ampleur et de nature ; la démocratie d’opinion - médiatique et numérique - a pris le pas sur la démocratie de représentation ; dans le ciel de l’idéologie, le nationalisme, les religions, le libéralisme économique ont le vent en poupe. C’est tout l’écosystème politique de la gauche qui se trouve bouleversé.

Voilà pourquoi la social-démocratie européenne est acculée à se réinventer ou à dépérir. Ses partis nordiques et rhénans l'ont bien compris : chacun à sa manière, ils ont mis en œuvre un nouveau compromis réformiste, distinct du compromis social-démocrate offensif des Trente Glorieuses, comme du compromis défensif de crise du dernier quart du XXe siècle. L'objectif de ce compromis de troisième type est de réussir une adaptation progressiste de nos sociétés à la mondialisation et à la troisième révolution industrielle : les salariés

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