Laïques et pragmatiques. Entre Tourcoing et Lille (Nord), les professeurs des écoles font avec le voile que portent certaines mères d'élèves. Dans l'établissement de Marie (1), enseignante en Réseau d'éducation prioritaire+ (REP+), les femmes voilées accompagnent les sorties scolaires, sans que cela ne pose de difficulté. «Un des axes importants de notre projet, c'est la parentalité, pour dédramatiser le rapport à l'école», explique-t-elle. Ce qui veut dire un travail au long cours pour intégrer les familles, avec tous les quinze jours une présentation des travaux des enfants aux parents dans la classe, des réunions régulières dès la rentrée.
Difficile dans ce cadre d'exclure des mères volontaires pour encadrer une visite de musée ou d'une exposition. Ce serait rompre le lien. «Nous avons toujours accepté tout le monde, même si c'est vrai que de voir des signes extérieurs de religion dans un lieu laïc nous met un peu mal à l'aise, reconnaît-elle. Mais les femmes voilées viennent en tant que mamans, sans intervenir sur la pédagogie ou sur la religion.»
Une position qu'approuve Nicole Taquet-Leroy, directrice d'école à Lille. «Objectivement, je n'ai pas le problème, même si cette année, pour la première fois, j'ai une mère qui est voilée de la tête aux pieds. Mais si le cas arrivait, je ne me poserai même pas la question : il faut favoriser la participation des familles, elles sont des partenaires. Et je ne vois pas en quoi cela troublerait les él




