Si vraiment les Etats-Unis doivent servir de modèle, leur leçon en matière de primaires est on ne peut plus éloquente : chaque fois qu’un président a été défié par un adversaire sérieux aux primaires de son parti, non seulement le challenger a perdu ces primaires mais le sortant a ensuite été délogé de la Maison Blanche. Ce fut le cas en 1976 pour le républicain Gerald Ford, défié par Ronald Reagan et finalement battu à la présidentielle par le démocrate Jimmy Carter. En 1980, Carter est à son tour défié par le sénateur Ted Kennedy et perd la présidentielle face à Reagan. En 1992, George Bush père est attaqué par Pat Buchanan, qui dénonce ses reniements fiscaux. Bush finit par s’imposer aux primaires, comme ses prédécesseurs, mais se fait battre par le démocrate Bill Clinton. En 1968, le président Lyndon B. Johnson avait préféré renoncer à se représenter face à la concurrence du pacifiste Eugene McCarthy et de Robert Kennedy. Ce dernier est assassiné après deux mois et demi de campagne et c’est un président républicain qui est élu, Richard Nixon.
Jeux de massacre. Ces drames en série ont fini par discipliner les partis politiques américains. Depuis 1992, ils ont réussi à étouffer toutes les candidatures pouvant mettre en péril un président en titre, et aligner trois sans-faute consécutifs : Bill Clinton, réélu en 1996, George W. Bush en 2004 et Barack Obama en 2012. Dans ces trois cas, des primaires ont bien été organisées par le parti qu




