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Récit

Jean-François Copé rattrapé par sa bonté

Justice. L’ex-président de l’UMP est mis en examen dans l’enquête du règlement de l’amende de Sarkozy.

Jean-François Copé à son arrivée au tribunal de Paris, mardi matin. (Photo Kenzo Tribouillard. AFP)
Publié le 03/02/2015 à 19h56

On l'avait presque oublié. Astreint depuis de longs mois à une diète médiatique, Jean-François Copé vient d'être mis en examen pour «abus de confiance». L'ex-président de l'UMP est accusé, et il l'assume, d'avoir laissé son parti payer les pénalités infligées à Nicolas Sarkozy après la présidentielle de 2012. A l'origine de l'affaire : la décision du Conseil constitutionnel de rejeter les comptes du candidat en raison du dépassement du plafond autorisé (22,5 millions d'euros). Conformément au code électoral, Nicolas Sarkozy s'était alors vu infliger une amende correspondant au dépassement constaté (363 615 euros - hors affaire Bygmalion), avant que son parti ne s'acquitte de cette somme à sa place, en novembre 2013.

A l’époque, ce transfert de dettes avait été décidé à la suite d’une analyse juridique de l’avocat Philippe Blanchetier, par ailleurs représentant de Sarkozy devant la commission des comptes de campagne. Un mélange des genres qui n’avait alors ému personne.

Mais, au printemps 2014, le sujet est remis sur la table par le triumvirat nommé à la tête de l'UMP après le départ de Copé, alors englué dans le scandale Bygmalion. Raffarin, Juppé et surtout Fillon s'étonnent de découvrir que le parti, déjà exsangue financièrement, a réglé l'amende en lieu et place de son candidat. Une nouvelle analyse juridique est alors confiée à un autre avocat, François Sureau, très proche de Fillon. Et contrairement à la précédente, celle-ci conclut à un possible «abus de confiance». Fin juin, les commissaires aux comptes de l'UMP font un signalement au parquet de Paris. Après trois mois d'enquête préliminaire, une information judiciaire est ouverte pour «abus de confiance», «complicité» et «recel» de ce délit.

Soucieux de mettre fin à la polémique, Nicolas Sarkozy, alors en plein come-back, finit par signer, en décembre, un chèque de 363 615 euros au parti. Générosité tardive qui n'éteint en rien les poursuites pénales. Quelques jours plus tard, l'ex-trésorière de l'UMP, Catherine Vautrin, est mise en examen pour «abus de confiance». Dès lors, la mise en examen de Copé semblait inévitable. Reste le cas de Sarkozy, principal bénéficiaire de l'opération, qui devrait aussi être convoqué dans ce dossier. Sous le statut de «témoin» ou de «témoin assisté». A moins que les juges ne le mettent à son tour en examen.

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