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Libération

Benoist Apparu charge le coût du travail français

Publié le 02/03/2015 à 20h06

"Quand on regarde le coût du travail en France, comparé à l'Allemagne, nous continuons de dégringoler. Vous êtes à 35 euros l'heure de travail en France, contre 30 pour l'Allemagne."

Benoist Apparu dimanche sur BFM-TV

Intox

Vous reprendrez bien une part de la tarte à la crème sur la comparaison franco-allemande ? Sur BFMTV, dimanche soir, Benoist Apparu a tenu à illustrer le déclin de la France par «un seul exemple», celui de l'évolution du coût du travail : «Quand on regarde l'évolution du coût du travail en France, comparé à l'Allemagne ou à la zone euro, nous continuons de dégringoler. Vous prenez l'indicateur Rexecode, vous êtes à 35 euros l'heure de travail en France, contre 30 pour l'Allemagne.»

Desintox

Quitte à se servir d'«un seul exemple», autant qu'il soit vrai. Celui de l'élu UMP ne l'est pas. Ni sur les chiffres bruts ni sur les tendances. Selon les derniers calculs de Coe-Rexecode, que cite Apparu, le coût horaire du travail en France (services marchands et industrie) s'affichait à 35,6 euros au 3e trimestre 2014. Contre 30 euros, non pas pour l'Allemagne, mais pour la zone euro. Les Allemands affichent en effet 32,86 euros, ce qui fait un écart entre les deux pays nettement moins important.

L’élu UMP oublie aussi de noter que si on se limite à l’industrie manufacturière, le rapport s’inverse, avec un coût du travail allemand supérieur au français (37,93 euros contre 36,81). Mais c’est surtout sur la tendance qu’Apparu s’éloigne de la vérité. Depuis 2012, l’écart entre les coûts du travail des deux côtés du Rhin se réduit. En 2012, selon Eurostat, le coût du travail horaire était de 35,2 euros en France et de 31,93 euros en l’Allemagne. Depuis, le coût du travail allemand a progressé de près de 3%, contre 1,1% pour l’hexagonal. Une réduction de l’écart qui s’explique notamment par un double mouvement : côté français, les effets du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) ont allégé le coût du travail. Lequel s’est trouvé renchéri, côté allemand, du fait d’une augmentation des rémunérations survenue après une longue austérité salariale.

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