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A CHAUD

En Corrèze, liesse post-électorale sur la piste de danse

La droite corrézienne célébrait dimanche soir la victoire de son camp autour de Pascal Coste, maire de la commune de Beynat et futur président du conseil départemental arraché à la gauche.

Pascal Coste, chef de file des listes "Corrèze demain" et futur Président du Conseil départemental, de retour dans son village de Beynat pour fêter la victoire, dimanche 29 mars. (© Marc CHAUMEIL)
Publié le 30/03/2015 à 9h14, mis à jour le 31/03/2015 à 11h52

«Ils sont là ! Ils sont là !» Il est 23h15 ce dimanche devant la salle des fêtes de Beynat, 1200 habitants. Il pleut. Mais qu'importe, plusieurs dizaines de Corréziens sont venus accueillir leur héros du jour, Pascal Coste. Maire de la commune, il est surtout le futur président du Conseil départemental, qui vient de basculer à droite. Déjà plus de trois heures que certains l'attendent, parfois avec un verre à la main. A son arrivée – bras dessus bras dessous avec sa colistière et leurs remplaçants -, la petite foule entonne la Marseillaise en secouant de grands drapeaux tricolores, smartphones en main pour immortaliser l'instant. «On les a virés !» ose un jeune homme. L'ambiance n'est cependant pas revancharde. «Ici, ici, c'est la Corrèze !» scande-t-on quand Pascal Coste pénètre dans la pièce. Puis un classique «Il est vraiment, il est vraiment, il est vraiment phénoménal... »

Il est tard, mais entre cent et cent-cinquante personnes ont tenu à célébrer le moment. Familles, quelques jeunes, beaucoup de moins jeunes : tous écoutent le discours du leader de la droite corrézienne le sourire au lèvres. Jean bleu et chemise blanche, sur la scène à côté de ses colistiers, l'homme répète ce qu'il a dit devant les caméras quelques heures plus tôt, et remercie ses soutiens. « Dans cette victoire, il y a une part de sanction du président Hollande ». Il tient aussi à défendre Bernadette Chirac, un peu malmenée par les médias selon lui. C'est avec elle qu'il s'est rendu au Conseil général en début de soirée, à ses côtés qu'il a prononcé ses premiers mots de vainqueur. Avant de quitter la scène, il lance : « Si je prends la grosse tête, sachez me le dire ! ». Rires de l'assemblée, conquise.

Rosé pamplemousse

Enfin seul sur scène, le boulanger (oui, le boulanger) peut lancer la musique, assis derrière son ordinateur et quelques spots. La star de la soirée se fraye un chemin dans la salle tout en serrant des mains, au son des Démons de minuit, ou de Khaled. Malgré la lumière crue, un laser vert dessine des formes sur les murs. Pascal Coste s'est rapproché de la buvette, où le rosé pamplemousse a du succès. Lui préfère la bière. Son gobelet à la main, il rappelle ses priorités : « La défense de la ruralité, le refus de la réforme territoriale, réussir à rester un territoire attractif pour ne plus perdre d'habitants... » Il assure que toutes les sensibilités politiques seront les bienvenues, Hollande y compris. La salle dans laquelle ils font la fête a été financée en partie par la réserve parlementaire du chef de l'Etat, en 2001. Un peu plus loin, trois jeunes femmes chantent « Libérée, délivrée », du dessin animé de Disney la Reine des neiges. On ne peut qu'y voir un petit message politique.

 «Un humanisme chiraquien»

Tout près, le futur président du conseil départemental tente de se définir politiquement. Fréquemment étiqueté UMP – ce qui ne le dérange pas vraiment -, il n'a sa carte dans aucun parti. Il se dit « gaulliste », déclare faire partie des « gens du terroir ». Ses soutiens le voient surtout chiraquien. Eric Galinon, maire du Pescher, une commune située à proximité, affirme que c'est « l'humanisme qui vient de gagner. Un humanisme chiraquien, qu'on trouve un petit peu chez Juppé ». Eric Galinon est de droite, mais pas n'importe laquelle. Sarkozy, non merci. Plus que leur étiquette, c'est la personnalité des politiques qui intéresse les Corréziens réunis ce soir-là. Pascal Coste dit même regretter que le département perde ses quatre conseillers généraux communistes. Les sympathisants qualifient l'édile de « personnalité forte », « qui sait fédérer ». Une admiratrice, cheveux noirs corbeau et maquillage prononcé, se félicite que le Front national n'ait pas fait de très bons scores au premier tour (aucun n'était présent au second), comparé à d'autres territoires.

La salle des fêtes se vide peu à peu. On éteint la lumière, et une poignée d'enthousiastes se lance sur la piste de danse. Les Sardines, de Patrick Sébastien, ont leur petit succès. De son côté (plus proche de la buvette que du dancefloor), Pascal Coste confie qu'il ne doute pas qu'il recevra bientôt un message de félicitations de François Hollande. Loin de la politique nationale en ce dimanche soir, « ici, ici, c'est la Corrèze ! »

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