Un édito sur la place de la femme en politique doit-il être signé par une femme ou un homme ? Dans les deux cas, il peut y avoir ambiguïté. Soit on entretient l'idée que ce combat est l'apanage des femmes, soit on renforce la place prédominante des hommes dans les journaux. A ce propos, nous nous sommes récemment «amusés» à décompter la place consacrée aux femmes dans Libération et le constat nous a affligés. Sur les deux semaines passées au crible, les femmes n'apparaissent en photo dans les premières pages du journal, à une ou deux exceptions près, que dans le rôle de prostituées ou de victimes de conflit. En une, jamais, sauf quand elles meurent. Et pourtant nous avons tous, au sein de l'équipe, cette préoccupation en tête. C'est donc un combat de chaque instant qui doit être livré, à tous les niveaux de la société. La politique n'y échappe évidemment pas et ces élections départementales l'ont prouvé : quand la parité n'est pas imposée, les femmes passent à la trappe. Le poids des traditions et des habitudes est tel qu'un poste de responsabilité, en France, reste confié prioritairement à un homme. Et si c'est une femme qui l'emporte, elle le «paie» de manière sonnante et trébuchante : aujourd'hui encore, pour un poste de direction d'entreprise, l'écart de salaire entre un homme et une femme atteint 14%. Nos pratiques quotidiennes montrent bien que, sans cadre législatif, le masculin continuera à l'emporter.
EDITORIAL
Combat
Publié le 01/04/2015 à 20h17
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