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Affaire des pénalités: Sarkozy placé sous le statut de témoin assisté

L'ex-président a été entendu par le pôle financier dans l'affaire dite des pénalités. Il est soupçonné d'avoir fait supporter par l'UMP l'amende qui lui avait été infligée pour le dépassement des comptes de sa campagne 2012.

Nicolas Sarkozy arrive mercredi au pôle financier du tribunal de grande instance de Paris. (Photo Miguel Medina. AFP)
Publié le 01/04/2015 à 10h39, mis à jour le 01/04/2015 à 13h25

Les errements de la dernière campagne présidentielle n’en finissent pas de faire des vagues dans les rangs de l’UMP. Epargné jusqu’à présent, Nicolas Sarkozy est arrivé ce matin au pôle financier du TGI de Paris pour être entendu par les juges dans l’affaire dite des «pénalités». Il est soupçonné d’avoir fait supporter par son parti l’amende que lui avait été personnellement infligée après le rejet de ses comptes de campagne par le Conseil constitutionnel, en 2012.

Déjà exsangue financièrement, l’UMP avait dû à l’époque s’acquitter de plus de 400 000 euros en lieu et place de son candidat. Un transfert de créance rendu possible grâce à une note juridique très contestée. Dans cette affaire, l’ancien patron de l’UMP, Jean François Copé, et l’ex-trésorière du parti, Catherine Vautrin, ont déjà été mis en examen pour «abus de confiance». L'ancien président, lui, a été placé sous le statut de témoin assisté.

Hasard du calendrier (ou pas) : trois proches de l’ancien président, tous membres de son équipe de campagne en 2012, sont interrogés au même moment dans les locaux de l’Office anticorruption (OCLCIFF) de Nanterre.

L’ancien directeur de campagne, Guillaume Lambert, l’ex-trésorier Philippe Briand, et l’avocat de l’UMP, Philippe Blanchetier ont été placés en garde à vue dans l’enquête sur Bygmalion, ce vaste système présumé de fausses factures ayant permis de faire prendre en charge par l’UMP plus de 18 millions d’euros de dépenses imputables à la campagne de Nicolas Sarkozy. Une fraude destinée à ne pas dépasser le plafond légal autorisé pour une campagne présidentielle (22,5 millions d’euros), qui n’a pas empêché les comptes d’être rejetés. Dans cette affaire tentaculaire, sept personnes ont déjà été mises en examen. Avec cette nouvelle salve de gardes à vue, l’enquête entre dans sa phase la plus politique, les juges cherchant à déterminer qui savait quoi au sein de l’équipe de campagne. L’étau judiciaire se resserre donc doublement sur Nicolas Sarkozy.

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