Le sénateur UDI Aymeri de Montesquiou est rattrapé par la justice. Selon les informations de Libération, l'élu du Gers aurait omis de déclarer au fisc… plusieurs millions d'euros. La Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) vient de transmettre son dossier au parquet national financier, qui devrait prochainement ouvrir une information judiciaire.
Parmi les omissions du parlementaire : deux comptes bancaires au Luxembourg et en Suisse, dotés chacun de plusieurs centaines de milliers d’euros. De Montesquiou a également sous-évalué de plus de 50% un appartement parisien estimé à plusieurs millions d’euros. Enfin, l’élu a oublié de déclarer dans son patrimoine plusieurs œuvres d’art dont la valeur totale dépasse allégrement le million d’euros. L’importance des sommes en jeu ainsi que la répétition des omissions ont poussé la HATVP à saisir le parquet.
Une décision qui constitue aussi un nouveau rebondissement dans l’affaire dite du «Kazakhgate», dans lequel apparaît le nom d’Aymeri de Montesquiou, qui vient de perdre son immunité parlementaire. Cette sombre affaire est liée à des contrats conclus avec le Kazakhstan sous la présidence de Nicolas Sarkozy, portant sur l’achat de 45 hélicoptères. Les juges du pôle financier soupçonnent le versement de pots-de-vin en marge de la signature de ce juteux contrat de 2 milliards d’euros. Une enquête a été ouverte en mars 2013 pour des faits de «blanchiment en bande organisée» et «corruption active d’agents publics étrangers». Les juges estiment que les comptes bancaires et les œuvres d’art non déclarés du sénateur pourraient être liés à des commissions occultes. Et bénéficient désormais de nouveaux éléments pour élargir leurs investigations.




