«Jean-Pierre Jouyet est le secrétaire général de l'Elysée et c'est un bon secrétaire général de l'Elysée.» Huit jours après les révélations du déjeuner secret entre Jouyet et Fillon, François Hollande, interrogé à l'issue du G20 de Brisbane (Australie), mi-novembre 2014, a tenu à couper court à toutes les rumeurs d'un possible débarquement de son plus proche collaborateur. Jouyet restera à son poste. Le secrétaire général de l'Elysée n'est pas seulement le numéro 1 de la machine élyséenne, il est surtout l'ami de plus de quarante ans du Président. S'il l'a fait venir de la Caisse des dépôts pour remplacer Pierre-René Lemas, ce n'est pas pour s'en débarrasser quelques mois plus tard. D'autant que, dans cette affaire, Hollande sait bien qu'il n'est pas tout rose : puisque c'est lui qui donne son accord au rendez-vous entre Jouyet et les deux journalistes du Monde (qu'il rencontre par ailleurs quasiment tous les mois pour un projet de livre à paraître à la fin de son quinquennat).
Le secrétaire général de l’Elysée décidera juste de se mettre au vert de la classe médiatique et de ne plus rencontrer de journalistes. Qui perdent du coup un bon client : affable, d’une exquise courtoisie, Jean-Pierre Jouyet a toujours aimé échanger avec la presse. Il aime les histoires. Et les raconter. Plus précieux encore : celui que la gauche de la gauche aime à peindre comme le héraut du social-libéralisme n’a pas ce goût, pourtant si partagé, pour la langue de bois. D’où la fameuse boulette.




