Une position pour le moins paradoxale. Alors que l’ISF rapporte de plus en plus d’argent aux caisses de l’Etat, les poids lourds à droite se positionnent pour... sa suppression. S’ils arrivaient au pouvoir, Nicolas Sarkozy, François Fillon et Alain Juppé ont en effet annoncé la disparition de l’ISF.
Le maire de Bordeaux a réaffirmé, ce mercredi 1er juillet au micro de BFM TV-RMC, sa volonté de «supprimer» l'ISF. Déjà annoncé en octobre 2014 dans l'émission Des paroles et des actes, il ne veut plus de cet impôt qui «dissuade évidemment ceux qui ont de l'argent d'investir».
Il rejoint la position de François Fillon, qui dès juin 2014, dans une entrevue au Figaro, juge cet impôt «imbécile», qui «n'existe nulle part ailleurs en Europe». Egalement dans le Figaro, en mars, Nicolas Sarkozy s'est aussi déclaré en faveur de la disparition de l'ISF.
D'après le président LR, il est «fondamental que la France et l'Allemagne convergent en matière fiscale [...] Il n'y a ainsi pas d'ISF en Allemagne et il ne doit donc plus y avoir d'ISF en France».
Un impôt qui rapporte de plus en plus
Pourtant, lorsqu’il était au pouvoir, Nicolas Sarkozy a refusé de supprimer cet impôt, face à la grogne de sa majorité. Le risque politique était trop important. Il a seulement allégé l’ISF, en 2011, en faisant passer le seuil de perception de 800 000 à 1,3 million d’euros.
Mais si l’ISF est jugé contre-productif par les trois prétendants à la primaire 2016, il apporte de plus en plus de recettes à l’Etat. En 2014, la barre des 5 milliards d’euros a été franchie pour la première fois, et les prévisions pour 2015 sont encore meilleures. Le gouvernement prévoit en effet 5,6 milliards d’euros de recette pour cette année. Un chiffre qui pourrait même être revu à la hausse dans les prochains mois.
Ces bons résultats sont notamment dûs à la lutte contre les exilés fiscaux menée par le gouvernement socialiste. Depuis la circulaire Cazeneuve du 21 juin 2013, la France incite les détenteurs de comptes à l’étranger non déclarés à se présenter spontanément à l’administration fiscale pour régulariser leur situation. La cellule de régularisation des avoirs non déclarés récupère ainsi les milliards d’euros rapatriés par les exilés qui rentrent en France. Ce qui profite mécaniquement à l’ISF... et au budget de l'État.




