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Analyse

La gauche de la gauche euphorique après la victoire du «non»

Après le référendum grec, la gauche radicale salue le coup de force politique d'Aléxis Tsípras et appelle au rassemblement pour 2017.

Jean-Luc Mélenchon (et Clémentine Autain) sur la place de la République, à Paris, le 5 juillet 2015. (Photo Joel Saget. AFP)
Publié le 06/07/2015 à 16h31

Front de gauche, NPA, écolos… La grande famille de la gauche radicale française était réunie dimanche soir, place de la République, à Paris, pour célébrer le succès du «non» grec. L'esprit du référendum de 2005, et le «non» qui l'avait déjà emporté, raisonnait à nouveau. Et au lendemain de la victoire d'Aléxis Tsípras, l'euphorie n'est pas retombée. Clémentine Autain, porte-parole d'Ensemble, troisième force du Front de gauche, se réjouit de ce «"non" massif, franc et net» venu des Grecs. Elle applaudit aussi le coup politique, risqué mais réussi, du Premier ministre grec : «Ce qu'il a fait est une réelle démonstration politique, il sort renforcé de ce référendum. C'est un rapport de force politique qui est en cours, et Tsípras a compris ça.»

Même le départ du très populaire et véhément ministre des Finances, Yanis Varoufákis, est accueilli favorablement. Yannick Jadot, eurodéputé d'Europe Ecologie - Les Verts, salue une démission qui a surpris tout le monde : «Varoufákis était un sacrifice nécessaire, Tsípras a eu l'intelligence de le sortir. Dans l'Eurogroupe, il y a trop de haine entre des ego et des personnalités. Ce départ permettra, j'espère, de retrouver des éléments de confiance et de la rationalité dans les négociations.» Car après une semaine de point mort dans les négociations, il est temps de reprendre les discussions, prévient l'élu écologiste : «Il doit y avoir un accord, il ne faut pas laisser les Grecs s'effondrer. Il ne faut pas d'entaille dans une zone euro qui ne cicatrisera pas.»

Coordinateur politique du Parti de gauche, Eric Coquerel estime lui aussi qu'il faut retourner à la table des discussions : «Il faut rouvrir les négociations de suite, et mettre en place un moratoire et une réorganisation de la dette.» Au NPA, on espère au contraire que les discussions ne reprendront pas. «Ces négociations n'en sont pas, c'est de l'humiliation pour le peuple grec, juge Christine Poupin, porte-parole du NPA. La voie a été indiquée par la Commission européenne et le FMI, il faut une annulation de la dette qui est illégitime et odieuse.»

Syriza, un modèle

D'après le député européen Yannick Jadot, le «non» de ce référendum est «un "oui" de renégociation. Mais c'est vrai que ce résultat complique les choses face à l'hystérie de certains pays créanciers comme l'Allemagne, la Finlande ou les Pays-Bas qui veulent faire plier les Grecs». Porte-parole du Parti communiste, Olivier Dartigolles espère voir enfin la France intervenir pour secourir la Grèce : «Hollande doit arrêter d'être docile derrière Merkel. Il faut qu'il assume enfin ses responsabilités politiques, et qu'il parle haut et fort.»

Cette victoire de la gauche radicale grecque peut-elle apporter un élan à la gauche française, hors PS, en vue de 2017 ? C'est primordial pour Clémentine Autain qui demande à son camp d'être «un peu plus responsable, collectif et innovant». Selon la porte-parole d'Ensemble : «Pour 2017, il faut dépasser le Front de gauche, aller vers les écolos, les frondeurs et avoir une vraie dynamique citoyenne.» Si au Parti de gauche, Jean-Luc Mélenchon se félicite d'avoir «insufflé un élan» aux succès de Syriza et de Podemos en Espagne, on espère que la victoire de dimanche soir fera tache d'huile en France. C'est le souhait Eric Coquerel : «Il faut retenir la leçon de Syriza et de Podemos, il faut un même mouvement, avec une application citoyenne réelle. Dès qu'un peuple lève la tête, il y a un effet de contagion.»

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